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Financement
du programme d'acquisition de zones de ressources environnementales
Présentation au Comité des services organisationnels et du développement
économique
Le 17 décembre 2002
Clôture de
travaux d'immobilisations en cours Réduction de 3 millions
de dollars de la dette autorisée pour le programme d'acquisition
de zones de ressources environnementales (projet 900138), et transfert
de ce montant au fonds de réserve.
Contexte
Les pages 218
et 219 de l'avant-projet du Budget 2003 contiennent les renseignements
de base sur le projet 900138 et son financement pour les années
2002 à 2007.
Deux aspects
du financement proposé pour le programme d'acquisition de zones
de ressources environnementales nous inquiètent énormément.
Premièrement,
nous déplorons vivement la réduction dans le Budget 2003 de la dette
autorisée pour le programme d'acquisition de zones de ressources
environnementales et le transfert de ces 3 millions de dollars au
fonds de réserve.
Deuxièmement,
nous déplorons la réduction proposée du financement annuel de ce
programme, qui ne recevra aucun crédit pour 2003. Pour chacune des
trois années suivantes (2004 à 2006), seulement 630 000 $
y sera affecté et, en 2007, l'autorisation de dépenser/emprunter
a été fixée à 700 000 $.
Mesdames et
Messieurs les conseillers, la raison d'être du programme d'acquisition
de zones de ressources environnementales est précisément l'acquisition
de terrains écologiquement fragiles pour le compte des citoyens
d'Ottawa - pour leur permettre d'en jouir aujourd'hui et demain
et pour protéger l'environnement. Autoriser un tel montant dérisoire
(2,5 millions de dollars sur cinq ans) pour empêcher la destruction
de zones d'importance environnementale dans une ville exposée à
autant de pressions de la part des promoteurs n'est pas ce qu'il
faut faire pour protéger l'environnement et respecter les principes
reconnus à l'occasion du Sommet de la croissance intelligente et
les principes énoncés dans le Plan officiel provisoire de juin 2002.
On peut lire
dans le Plan officiel provisoire de 2002 que la Ville :
« préserve
les habitats naturels et est dotée d'un réseau d'espaces verts. »
Ce document
dit également que
« la
protection de zones écologiques naturelles importantes et d'éléments
importants du milieu naturel est la pierre angulaire du réseau d'espaces
verts. »
Cette mesure
proposée dans le budget constitue un recul radical par rapport à
la pratique d'autrefois de la Région qui consistait à prévoir 1,1
million de dollars chaque année dans le budget pour ce programme.
Le montant proposé au Budget 2003 pour ce programme représente une
diminution de 45 % - en supposant que la somme de 1,1 million de
dollars n'aurait pas changé. Ce programme est le seul qui permet
de financer l'achat de zones naturelles. Il y a les parcs, mais
ceux-ci subissent d'énormes pressions pour l'aménagement de terrains
de soccer, de terrains de jeux et d'autres installations de loisirs.
Le CCFO veut que les conseillers et les conseillères comprennent
que selon lui, ce sont des terrains verts qu'il faut acquérir -
des terrains qui ont été désignés espaces naturels et qui sont ainsi
protégés par le règlement municipal de zonage.
Les citoyens
d'Ottawa ont fait savoir très clairement qu'ils tiennent à ce que
davantage d'espaces naturels soient préservés pour l'avenir. Ils
en seront complètement consternés s'ils apprennent au cours de l'année
que le présent conseil a sabré dans les moyens pouvant permettre
d'acheter ces espaces. Les résidents nous ont fait part de leurs
inquiétudes à propos du rythme de l'urbanisation à Kanata et Orléans
et de la disparition de zones naturelles qui accompagne inévitablement
cette urbanisation. Il est important qu'ils vous entendent dire
que l'acquisition et la protection des terres sont une priorité.
Une compression
budgétaire de cette ampleur a surtout de quoi inquiéter lorsque
l'on songe à la décision rendue hier par la Commission des affaires
municipales de l'Ontario. En effet, dans le dossier de Trillium
Woods, une parcelle de terre à Ottawa jouissant de protection environnementale
aux termes du règlement de zonage, la Commission a statué que les
municipalités sont tenues d'acquérir les terres dont le zonage en
prévoit la conservation ou l'utilisation à des fins de loisirs.
Elle cite une de ses décisions antérieures où elle décrète que "
lorsqu'une municipalité désigne un terrain privé comme étant un
espace ouvert et lui attribue en permanence ce statut, elle a l'obligation
correspondante d'acquérir les terres... " Les désignations d'espace
ouvert des zones écologiques naturelles A et B n'ont de sens que
dans la mesure où la Ville est prête à acquérir les terrains. À
cause de la décision de la Commission, il est impératif d'avoir
immédiatement accès à des crédits suffisants pour les acquisitions
de terrain importantes. Il ne convient pas de réduire ces crédits
- il convient de les augmenter par rapport à leur montant à l'époque
de l'ancienne Région.
Voici pourquoi.
L'ancienne
MROC a collaboré avec les municipalités pour acquérir les terres.
Elle a acheté les terres de la YMCA en partenariat avec Kanata,
qui a cessé d'exister des points de vue administratif et financier.
Comme Ottawa ne peut plus compter sur de tels partenariats, elle
devrait augmenter ses lignes budgétaires pour compenser ces " pertes
" et pour tenir compte de la nouvelle situation créée par la fusion.
Une réduction de cette nature risque de freiner les possibilités
que présente le projet D'une tourbière à l'autre - une initiative
qui sera utile aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers des
secteurs ruraux parce qu'elle permet de conserver les terres qui
alimentent la nappe phréatique.
L'ancienne
MROC n'achetait pas de terrains dans les zones urbaines. La nouvelle
ville aura besoin de crédits supplémentaires pour pouvoir procéder
à des acquisitions dans la zone urbaine.
Nous croyons
savoir que la somme de 3 millions de dollars a été déclarée en excédent
par rapport aux besoins de la Ville pour l'année à venir. Sur quels
critères s'est-on fondé? Nous constatons que dans le même document
budgétaire (projet 900138), on reconnaît qu'il y a de la confusion
dans le programme et on demande que la mission et les objectifs
soient énoncés clairement. Le texte comprend également le paragraphe
suivant :
« Les
demandes adressées à ce programme ont augmenté considérablement
ces derniers temps à cause des pressions toujours plus fortes qui
sont exercées pour que les terrains pouvant être acquis soient lotis
(d'où le besoin de protection et l'augmentation des prix des terrains)
et aussi à cause des possibilités et des pressions incitant à recourir
à l'acquisition pour protéger d'importantes zones naturelles dans
la partie de la ville où les lotissements se poursuivent. Au cours
des deux prochaines années surtout, il faudra protéger plusieurs
éléments et zones naturels clés en bordure de ces lotissements,
faute de quoi les objectifs du Plan directeur régional et les voeux
des citoyens seront encore bafoués. »
Ce serait assurément
un bien meilleur investissement de la part de la Ville si elle utilisait
cet argent AUJOURD'HUI pour l'acquisition de terrains. Il n'y a
pas de promoteurs en ville qui placent leur argent à la banque en
attendant de pouvoir prendre de meilleures décisions l'année prochaine.
Ils savent bien, et je suis sûr que vous le savez aussi, que les
prix de l'immobilier sont en hausse, surtout en périphérie de la
ville, et qu'investir dans les terrains constitue le meilleur placement.
Les terrains intéressants sur le plan de l'environnement disparaissent
à vue d'oeil et l'année prochaine, ce sera trop tard. Il faut acquérir
ces terrains aujourd'hui - plutôt que de sabrer dans le programme.
Le document
budgétaire indique que le programme a besoin d'être mieux défini.
Justement, établissons des critères, mais en attendant de pouvoir
les appliquer, utilisons ceux de la MROC pour acquérir de précieuses
étendues de terre exposées aux pressions de l'urbanisation. Votre
propre document parle de la présence de ces pressions. On peut difficilement
imaginer que l'argent est en excédent par rapport aux besoins. Les
zones ayant besoin de protection sont nombreuses. Par exemple, nous
sommes au courant d'un terrain de plus de 150 acres classé zone
humide de catégorie 1 qui se vendrait pour un peu plus de 100 000 $.
Lorsque nous en avons parlé à la Ville, on nous a dit que ce n'était
pas une priorité. Nous pouvons indiquer des terrains qui méritent
bien d'être protégés et nous sommes sûrs que les fonctionnaires
municipaux pourraient en faire autant s'ils en avaient la possibilité.
Mesdames et
Messieurs les conseillers, le message est clair. Nous les citoyens
d'Ottawa voulons des forêts, des espaces ouverts, des buttes, des
marécages, des berges naturelles, etc. Nous devons compter sur vous,
le Conseil municipal, pour acheter ces terres en notre nom. Nous
vous demandons d'ordonner aux fonctionnaires de rétablir le financement
du programme et d'accélérer les démarches pour l'acquisition de
terrains écologiquement vulnérables. Nous du Comité consultatif
sur les forêts d'Ottawa sommes là pour prêter main-forte dans ces
démarches.
Au nom du CCFO,
je recommande à votre comité de laisser les 3 millions de dollars
dans le fonds et de maintenir le financement au niveau proposé par
l'ancienne Région. L'acquisition de terrains n'entre pas vraiment
dans la catégorie des travaux en cours si l'on s'en tient aux aspects
financiers et matériels d'autres projets d'immobilisations tels
que la construction d'égouts. Ces fonds et l'autorisation d'emprunter
devraient rester en place et devraient être renforcés chaque fois
que c'est possible.
Enfin, on nous
a demandé de vous informer que le Comité consultatif sur les forêts
n'a pas pu déléguer un représentant, mais ses membres nous ont demandé
d'exprimer leur inquiétude quant aux réductions proposées qui visent
le programme d'acquisition de zones de ressources environnementales
et du niveau de financement proposé dans le budget à long terme.
Nous vous remercions de votre attention.
Joanna Dean
et Iola Price
Coprésidentes
Comité consultatif sur les forêts d'Ottawa
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